Que se passerait-il si un astronaute subissait une blessure grave pendant son voyage vers Mars ? Contrairement à la Terre, il n’y a ni service des urgences, ni équipe de traumatologie, ni possibilité d’évacuation rapide. Le voyage de retour pourrait prendre des mois.
Afin de se préparer à cette éventualité, le Dr Jon Bailey, anesthésiste canadien, mène des recherches sur la manière dont les astronautes pourraient recourir à des blocs nerveux guidés par échographie pour soulager la douleur lors de missions dans l’espace lointain. Lui et son équipe ont testé avec succès cette procédure sous l’eau à l’aide de l’échographe sans fil Clarius L7 HD3.
« Divers types de blessures et d’urgences chirurgicales peuvent survenir lors d’un voyage spatial, et compte tenu de l’augmentation rapide du nombre de voyageurs, nous devons affiner notre manière de réagir aux urgences dans l’espace », explique le Dr Bailey.
L’administration d’une anesthésie générale traditionnelle ou d’opioïdes systémiques puissants dans l’espace comporte de graves risques physiologiques. Par exemple, les analgésiques systémiques altèrent les fonctions cognitives d’un astronaute dont la participation active peut s’avérer cruciale pour la survie de tout l’équipage.
L’anesthésie régionale offre une solution à la fois simple et ciblée. En insensibilisant la zone lésée grâce à un bloc nerveux guidé par échographie, réalisé à l’aide d’un petit appareil à ultrasons portatif, les cliniciens peuvent préserver les fonctions cognitives du patient et réduire la douleur.
Cependant, la réalisation d’un bloc nerveux en microgravité pose un défi particulier : le praticien et le patient peuvent tous deux flotter librement. En l’absence de gravité pour assurer la stabilité, le simple fait de guider une aiguille vers une cible précise devient nettement plus difficile.
Pour tenter de résoudre ce problème, le Dr Bailey et son groupe de recherche se sont tournés vers l’environnement physique le plus proche disponible sur Terre : le milieu sous-marin, afin de réaliser des simulations de flottabilité neutre.

En 2024, l’équipe du Dr Bailey a publié une étude de validation de principe démontrant que des blocs nerveux guidés par échographie pouvaient être réalisés avec succès dans un environnement de microgravité simulé, avec des taux de réussite comparables à ceux des interventions pratiquées sur Terre. Elle a soumis un autre article comparant la situation d’un patient en apesanteur à celle d’un patient immobilisé. Leur étude la plus récente vise à déterminer s’il est possible de former des non-spécialistes à la réalisation de blocs nerveux de base dans un environnement de microgravité.
Le défi technique : sans fil et étanche jusqu’à 6 mètres
Lorsque l’équipe du Dr Bailey a lancé son premier projet de recherche, l’un de ses principaux défis a consisté à trouver un échographe adapté pouvant être utilisé sous l’eau pour des simulations de blocage.

« Même si l’indice d’étanchéité XP68 du Clarius indiquait qu’il pouvait être utilisé jusqu’à 6 mètres de profondeur, nous n’en étions pas certains avant de l’avoir testé », explique le Dr Bailey. « Les deux sondes linéaires L7 que je possède ont parfaitement fait l’affaire. Comme les signaux Wi-Fi ne traversent pas l’eau, nous avons mis au point un système permettant de fixer le transducteur à un téléphone à l’aide d’un clip imprimé en 3D. Cela garantit une bonne connexion sous l’eau et une latence réduite. »

Le scanner linéaire Clarius L7 HD3 est particulièrement adapté à cet environnement grâce à deux caractéristiques techniques spécifiques :
- Indice d’étanchéité IP68 : bien que conçu pour une immersion clinique standard, nos recherches ont repoussé les limites pour tester ses capacités. Lors de l’utilisation de deux sondes L7 standard à des profondeurs allant jusqu’à 6 mètres, le matériel a fonctionné sans aucun problème, sans aucune infiltration de liquide.
- Format ultra-portable : les contraintes d’espace, tant dans une piscine d’entraînement sous-marine que dans un vaisseau spatial, exigent un encombrement minimal.
De l’étude de faisabilité par des experts à la mise en œuvre par des non-spécialistes
Tout récemment, l’équipe du Dr Bailey évalue la faisabilité de confier la réalisation de blocs nerveux à des non-spécialistes.
« Lors d’une véritable mission spatiale, aucun anesthésiste expert ne fera partie de l’équipage », explique le Dr Bailey. « Notre dernière étude s’attaque de front à ce défi, en évaluant si des non-spécialistes peuvent être formés avec succès pour localiser des repères et réaliser en toute sécurité des blocs nerveux de base dans un environnement simulant la microgravité. »
Utilitaire « Earthside » pour les environnements à faibles ressources
Si ces recherches jettent les bases opérationnelles de la future médecine spatiale, leurs implications touchent en réalité un domaine bien plus proche de nous.
« Les protocoles que nous mettons au point pour former le personnel non médical ont une utilité immédiate et cruciale sur Terre », explique le Dr Bailey. « Si un secouriste non médecin parvient à réaliser avec succès et en toute sécurité un bloc nerveux sur un patient traumatisé dans un environnement physiquement instable, ou si un professionnel de santé exerçant en milieu isolé peut faire de même dans une clinique rurale aux moyens limités, nous pourrions alors évoluer vers une décentralisation de la prise en charge avancée de la douleur. »
En démontrant que l’échographe portable et ultraportable Clarius permet d’obtenir des images cliniques fiables à plus de 6 mètres de profondeur, le Dr Bailey et son équipe prouvent qu’une anesthésie régionale sûre et efficace est possible pratiquement partout : que ce soit dans un contexte tactique isolé ou lors d’une mission sur Mars.
Si l’objectif est de se préparer à de futures missions au-delà de la Terre, ces recherches pourraient, à terme, transformer la manière dont la douleur est prise en charge dans certains des environnements les plus difficiles de notre propre planète.
Qu’il s’agisse de prendre en charge un astronaute blessé lors d’une mission vers Mars, un patient victime d’un traumatisme dans une communauté isolée ou une victime dans une zone sinistrée, l’anesthésie régionale guidée par échographie portable pourrait contribuer à apporter des soins avancés de prise en charge de la douleur dans des endroits où les ressources médicales traditionnelles font défaut.
Si vous souhaitez en savoir plus sur les ultrasons Clarius pour vos missions sur Terre ou au-delà, un expert Clarius se tient à votre disposition pour vous proposer une démonstration virtuelle sur mesure.










